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Writer, Professor, Revolutionary.

Élection présidentielle aux EE.UU. et escalade d'ingérence en Amérique latine

"Élection présidentielle aux EE.UU. et escalade d'ingérence en Amérique latine,"`* par James D. Cockcroft
I. L'époque d'un impérialisme désespéré
II. La prochaine élection présidentielle étasunienne
III. L'escalade d'ingérence étasunienne en Amérique latine
CONCLUSION ET PROPOSITIONS

I. L'époque d'un impérialisme désespérée

Tout comme l'a dit le président de l'Équateur, Rafael Correa, "Nous ne vivons pas une époque de changements, mais un changement d'époque." Dans toute l'Indoamériquelatinoafricaine - ou Abya Yala, afin d'eviter toute conceptualisation euro-centriste et de reconnaître le rôle ô combien important des mouvements historiques et contemporains des peuples originaires- ce changement-là est marqué par le déclin de l'impérialisme étasunien devant la forte avancée des mouvements sociaux. Malgré leurs flux et reflux, ces mouvements-là ont démontré être capables d'amorcer des processus révolutionnaires ou d'élire des présidents non soutenus par Washington.

En conséquence, nous voyons une intensification du conflit entre les nouveaux mouvements populaires et la droite internationale, c'est-à-dire, l'impérialisme étasunien, ses alliés européens et ses larbins des classes dominantes locales. Lors des processus de rébellion ou des tentatives de changements des constitutions au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et dans d'autres pays, l'impérialisme a essayé de renforcer les oligarchies et certaines forces militaires locales. Néanmoins, à quelques exceptions près, comme la Colombie, un quasi-protectorat des EE.UU., et contrariant la tradition de commandement dans l'"arrière-cour", l'Empire n'a pu ni contrôler les forces armées latino-américaines, ni les résultats des élections bourgeoises dans la majorité de ces pays. On l'a vu récemment une fois de plus, le 20 avril 2008, précisément, avec l'élection de l'ex-évêque catholique Fernando Lugo à la présidence du Paraguay.

Globalement, les États-Unis pataugent dans une guerre en Iraq et en Afghanistan, récemment traitée de 'débâcle' dans un rapport de l'Institut national d'études stratégiques du Pentagone. Nous voyons le royaume du dollar en chute libre et l'économie étasunienne se voit menacée de ce que les cadres de la Réserve Fédérale appellent 'une récession grave et prolongée', et que le Fond Monétaire International décrit comme une récession qui aura un fort impact sur les économies de l'Europe. Selon la CIA, en termes de PIB (GDP en anglais), l'entité politique la plus riche est l'Union Européenne, suivie des États-Unis, de la Chine et du Japon, dans cet ordre.

Toute la crise économique était prévisible. Elle prend racine dans ce qu'Ernest Mandel a appelé la grande vague descendante du capitalisme depuis 1973. Elle se caractérise par: la surproduction, la chute des taux de bénéfices et l'échec de la tentative de solution par le néoliberalisme mondial. Cette tentative se fondait sur une intensification de l'exploitation et de la fragmentation des classes ouvrières et intermédiaires et par une fiscalisation accrue du processus d'accumulation de capital.

Grâce à la fragilisation des régulations économiques étatiques, le processus de concentration et centralisation du capital - c'est-à-dire, le capital monopoliste que Lénine a défini comme étant l'impérialisme- a atteint des niveaux 'records', alors que la majorité des gens reçoivent une proportion des revenus rudement inférieure à celle d'il y a 25 ans.

Aux États-Unis, la nation ayant le plus de détenus par tête au monde, un nombre record de 28 millions de personnes, autrement dit, près de 10% de la population, reçoivent le "food stamps" (une réduction sur le prix de certains aliments). Un enfant sur six vit dans la pauvreté. 45 millions de personnes n'ont pas de couverture sociale. Il y a de plus en plus de "blancs" dans les rangs des plus pauvres, mais l'écart racial n'a jamais été aussi large. Les "gens de couleur" subissent des conditions de plus en plus inhumaines, comme l'on a vu dans la tragique histoire des prêts hypothécaires "subprime" ou lors des terribles ouragans Katrina et Rita. Les millions d'immigrés et leurs défenseurs dans les communautés latino-américaines et ailleurs deviennent une cible dans un contexte de résurgence du racisme contre lequel ils s'organisent et se battent.

Curieusement, la description de l'économie brésilienne par Nildo Ouriques est applicable à la nation la plus endettée au monde, les États-Unis: "les différentes fractions du capital... productif et financier, accumulent richesse et pouvoir grâce à l'endettement de l'État." (1) Dans le cas des États-Unis, le pouvoir est concentré dans les grandes institutions financières, dans l'industrie de l'armement et dans les institutions militarisées de ce que l'on appelle la "sécurité nationale". Ces institutions soutiennent ou tolèrent un processus politique que je caractérise comme "un coup d'État par étapes ou par phases" qui a commencé avec le petit coup d'État de la Cour Suprême en 2000 pour élire George W. Bush et, de manière plus évidente, depuis le 11 septembre 2001. Ce processus putchiste est conduit par ceux que l'on appelle les néoconservateurs et par d'autres outranciers de droite, étant toléré par les forces plus modérées des deux partis politiques officiels.

J'utilise le terme "coup d'État" dans la mesure où il y a élimination des trois bases d'une démocratie limitée et bourgeoise: droits démocratiques comme la liberté d'expression; élections relativement démocratiques et une opinion publique capable d'influencer les politiques de l'État.

La Loi des commissions militaires de 2006, qui autorise le président à désigner n'importe quel personne (citoyen ou pas) comme un "combattant ennemi illégal" et à la faire arrêter pendant un temps indéfini, annulant ainsi le droit démocratique fondamental de l'habeas corpus, constitue une importante escalade dans les attaques aux immigrés, dans la "guantanamisation" du pays et empêche que les fonctionnaires soient jugés pour des crimes de guerre ou de torture. C'est une loi qui facilite le coup d'État par étapes.

Certes, il y a des divisions dans les classes dominantes et dans des secteurs des grands médias, comme on a pu voir dans les récents éditoriaux de New York Times condamnant la guerre contre l'Iraq et la disparition de la démocratie aux États-Unis. Néanmoins, ces divisions n'ont pas donné lieu à de vrais changements dans les politiques du Congrès ou de la Maison Blanche.
Le processus putshiste menace le monde entier avec le génocide graduel provoqué par l'expansion globale des politiques économiques néolibérales (privatisations, les traités de libre-échange ou TLC, la flexibilisation de la force de travail, etc) et les doctrines de guerre préventive permanente.

Ce n'est pas tout. Il y a une profonde crise écologique et une situation de famine mondiale. Dans très peu de temps, il n'y aura pas assez d'eau potable, de nourriture ou de pétrole pour maintenir ni le niveau d'accumulation du capital ni le niveau de vie des nations les plus industrialisées. (2)

II. La prochaine élection présidentielle étasunienne

Le gouvernement Bush, de moins en moins populaire, se retrouve dans une situation fort difficile. (3) La prochaine élection ne changera pas cette situation et il y a bien des chances que les choses s’aggravent. John "il y aura d'autres guerres" McCain du Parti Républicain est plus guerrier que Bush, alors que les promesses de Barack "je bombarderai le Pakistan" Obama et Hillary "j'anéantirai l'Iran" Clinton du Parti Démocrate de retirer les troupes de l'Iraq sont trompeuses. Obama et Clinton sont d'accord avec la position du congrès de leur Parti, qui laisse la porte ouverte au maintien indéfini en Iraq de plusieurs dizaines de milliers de soldats. Les deux en ont appelé à un renforcement des troupes et à une modernisation militaire. Obama et Clinton acceptent les doctrines de guerres contre le terrorisme de même qu'ils acceptent le "droit" des États-Unis à envahir n'importe quelle "obscure contrée" de la planète. Ils se réservent le droit à l'usage des armes nucléaires en tout temps. Les deux ont voté au Congrès en faveur de l'agenda de Bush/Cheney en matière de budget pour la "défense" et les guerres. Ils ont aussi voté en accord avec la ligne Bush/Cheney en ce qui concerne la torture, l'espionnage interne et d'autres violations des droits civils. Leurs conseillers ont de solides liens avec des officiers militaires et des "faucons" comme Zbigniew Brzezinski et Anthony Lake, pour Obama et Madeleine Albright, Sandy Berger et Richard Holbrooke pour Clinton.

De son côté, McCain a parmi ses conseillers des criminels de guerre comme Henry Kissinger ou le Général Colin Powell, auteur de l'informe de 2004 de la Commission pour contribuer à Cuba Libre (en anglais, the Commission for Assistance to a Free Cuba) laquelle insiste sur un "changement de régime," une véritable déclaration de guerre contre le peuple cubain au nom de la "démocratie." Le deuxième rapport de ladite Commission, en 2006, a une annexe secrète, sans doute concernant des plans militaires et terroristes.

Aucun de ces candidats ne parle de ces terroristes qui ont avoué leurs crimes et qui sont protégés par le gouvernement, comme Luis Posada Carriles. Ils ne mentionnent pas non plus le cas des prisonniers politiques comme Mumia Abu-Jamal, Leonard Peltier, nombre de portoricains et les 5 héros de Cuba. Les 5 ont été injustement mis en prison pour avoir infiltré des groupes terroristes de la mafia cubano-étasunienne afin de protéger des personnes de Cuba, des États-Unis et d'autres nations. Ils ne parlent pas non plus de la souffrance des familles des 5, ou les cas d'Adriana Pérez O'Connor et Olga Salanueva Arango, dont la cruelle prohibition de visites annuelles, par le refus du visa, fait en sorte que ces femmes n'ont jamais pu rendre visite à leurs époux prisonniers. Et, bien sûr, aucun de ces candidats ne parle de l'injustice de la domination de la colonie de Puerto Rico ou d'autres colonies existant dans les Caraïbes.

Même si Obama, contrairement à McCain et Clinton était disposé à rencontrer les leaders cubains, la politique de tous les trois concernant l'Amérique latine est pratiquement la même. Ils disent que les gouvernements de Cuba et du Venezuela ne sont pas des démocraties, mais des dictatures, et qu'il faut les changer. Par contre, ils disent que le gouvernement colombien est une "démocratie" qui doit être défendue contre les "terroristes" des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), du Venezuela et de Cuba. La bonne disposition Obama pour permettre des voyages des Cubanos-étasuniens et l'envoi de devises à Cuba s'explique par le but d'établir à Cuba une "cinquième colonne" pour renverser le socialisme et y introduire le capitalisme sous le contrôle des corporations transnationales et de la mafia cubaino-étasunienne. C'est aussi un pari un peu risqué pour les votes de la Floride, où une majorité croissante de Cubanos-étasuniens préfère en finir avec le blocus économique contre Cuba. Néanmoins, la mafia cubano-étasunienne trouve toujours le moyen de s'arranger pour avoir des résultats électoraux qui lui soient favorables en cas de doute. Les trois candidats sont d'accord sur les TLCs, qu'ils estiment fondamentalement bons, bien qu'avec quelques nuances sur les questions environnementales ou sur les droits travaillistes - c'est-à-dire, c'est la même ligne du président Bill Clinton lorsque celui-ci a poussé de l'avant le TLC avec le Mexique et le Canada.

C'est évident que les politiciens des États-Unis ne s'intéressent à l'Amérique Latine qu'en tant que réservoir de ressources pétrolières, énergétiques et naturelles, y compris la matière grise des travailleurs immigrés. Les États-Unis s'intéressent davantage au Moyen Orient, à l'Asie, à la Chine, au Japon, à la Russie et, bien évidemment, à l'Europe et à l'OTAN. Pour les États-Unis, les seuls "big players" qui existent au sud du Rio Grande et du "mur de la honte" de 700 kilomètres sont Mexique, Venezuela et Brésil, parce que ces pays-là sont d'importantes sources d'énergie.

Potentiellement, les Latinos constituent une dixième partie des électeurs dans l'élection présidentielle étasunienne, mais pour nombre d'entre eux, il est difficile de se rendre dans les lieux de votation. En outre, on annonce que plus d'un demi-million de demandes de citoyenneté étasunienne n'auront pas abouti à temps pour permettre aux nouveaux citoyens et citoyennes de participer aux élections du 4 novembre. Par ailleurs, les contrôles et les déportations massives se sont intensifiés depuis les derniers mois, créant un climat de peur chez bien des Latinos. Il y a une criminalisation croissante de tous les mouvements de protestation, ce qui est une partie clé de la perte généralisée des droits de liberté d'expression dans l'évolution du processus de coup d'État par étapes.

Dans le système politique étasunien, il y a peu de démocratie et beaucoup de corruption. Il y a une tradition d'achat des voix; des ordinateurs qui ne marchent pas ou qui sont facilement manipulés; d'une représentativité faussée dans les États sans un vainqueur net, comme Ohio, Floride et Nouveau Mexique; d'empêcher les "gens de couleur" de voter; et un système judiciaire qui favorise l'agenda conservateur voire qui décide qui a été élu président, comme en l'an 2000. En avril 2008, la Cour Suprême a confirmé une loi de l'État de l'Indiana exigeant un papier d'identité pour s'inscrire comme électeur, quelque chose de tout nouveau dans le pays. Plus de 20 États exigent des papiers d'identité que les gens n'ont tout simplement pas. Tout cela favorise les électeurs les plus riches, blancs et conservateurs. Tout cela fait bien l'affaire du coup d'État par étapes. Cela explique, le jour du vote, parmi tant d'autres raisons - le petit nombre d'électeurs et le grand nombre parmi eux de personnes âgées et de chrétiens fondamentalistes. Il y a bien des chances que McCain soit le prochain président bien que son programme soit plus bushien que Bush lui-même.

La seule espérance pour qu'il y ait de réels changements dans les politiques des gouvernements des États-Unis réside dans les mouvements anti-guerre, antiraciste et antisexiste, bien que ces mouvements soient relativement fragiles. Il faudrait également compter sur le mouvement des immigrés qui, au printemps 2006, a organisé les plus importantes manifestations de la classe ouvrière étasunienne et a annoncé d'autres protestations de rue pour le Premier mai 2008. Le syndicat international des dockers a déclaré que ses membres ne travailleraient pas plus de 8 heures le Premier mai pour demander la fin immédiate de l'occupation de l'Iraq et le retrait de toutes les troupes étasuniennes du Moyen Orient. Il y a des signes de renouveau dans le mouvement contre la guerre dans les écoles et les universités. Par ailleurs, il y a un croissant mouvement contre la guerre parmi les vétérans de l'Iraq et leurs familles, un fait fort significatif pourtant ignoré des médias.

Le rôle des grands médias, particulièrement de la télévision, contrôlée par 5 corporations, est fatal. (4) Ils ne disent rien de la candidature indépendante de l'ex-membre du Congrès, l'afro-étasunienne Cynthia McKinney, dont la coalition s'appelle "Pouvoir au Peuple". Les voix critiques, comme celles de Cynthia McKinney ou de Ralph Nader (candidat du Parti Vert) ne sont pas écoutées. Les médias ignorent ce qui se passe en Amérique latine et ailleurs dans le monde et manipulent l'information pour que l'interprétation de Washington devienne une pensée unique. Quotidiennement, on répète à satiété des mensonges présentés comme des "nouvelles" ou bien on dit des choses avec un peu de vérité et quasiment rien de leur contexte historique ou culturel, privant le public de l'accès à la vérité par des discussions sérieuses et substantielles. Les gens sont bourrés de répétitions de toute la mythologie sur le terrorisme et sur le danger représenté par les immigrés ou par d'autres forces pouvant menacer l'"American way of life." Les gouvernements du Venezuela, de Cuba ou de l'Iran sont malmenés par les grands médias d'une façon particulièrement mensongère et scandaleuse. En outre, les puissantes forces des médias et des grandes corporations essayent, avec le gouvernement de Washington, de contrôler ou de manipuler l'accès à Internet partout dans la planète, et souvent elles réussissent.

III. L'escalade de l'ingérence étasunienne en Amérique latine

La Colombie, ce narco-État, et les États-Unis ont envahi l'Équateur et bombardé son territoire pour tuer Raúl Reyes, des Farc. Reyes était le leader responsable de la négociation avec la France pour la libération de l'otage Ingrid Betancourt. Ces négociations étaient sur le point d'aboutir. Une telle attaque signale une intensification de la menace militaire étasunienne. Selon des rapports de la Force Aérienne Équatorienne et une agence d'information, l'IPS, entre autres sources, les principaux avions et les bombes utilisées étaient de haute technologie (laser, smart bombs, etc) en provenance des États-Unis, ainsi que la technologie utlisée pour repérer la cible. L'opération militaire a été menée depuis la base de Manta, la base militaire étasunienne sur le territoire de l'Équateur vouée au démantèlement par le président Correa. Nous devons soutenir Correa et insister sur le retrait de toutes les bases militaires étrangères dans la région que José Martí a appelé "Nuestra América."

Le bombardement et l'invasion colombienne et étatsunienne a été une tuerie de deux douzaines de personnes, avec nombre de blessés, y compris un étudiant équatorien et des étudiants mexicains qui rendaient visite au campement. Il n'est pas exclu qu'il y ait eu d'autres victimes. Tout sur place a été détruit par les bombes, sauf l'ordinateur du réalisme magique que le gouvernement colombien prétend avoir capturé pour prouver plusieurs mensonges contre Correa, Chávez et les Farc.

Si certains ont célébré la défaite diplomatique subie par les États-Unis dans l'OEA après l'attaque, d'autres ont remarqué que l'article 6 de la résolution déclare "le ferme engagement de tous les États membres dans le combat à la menace à la sécurité provenant de l'action des groupes irréguliers." En effet, cet article corrobore les pratiques du président Álvaro Uribe Vélez contre les Farc et les objectifs du Plan Colombie. En échange, il y a un engagement clair entre les nations de l'Amérique latine et des Caraïbes pour chercher une solution politique à la très longue guerre qui fait souffrir tant de Colombiennes et de Colombiens. Mais pour y parvenir, il faut reconnaître les Farc et l'ELN (Armée de Libération Nationale) en tant que "forces béligérantes" et non pas les accabler de l'épithète de groupes terroristes. Nous devons appuyer une solution politique, déjà commencée par les Farc et par Chávez. Ceci ne signifie nullement un soutien à toutes les pratiques des FARC, comme les prises d'otages, qui constituent une violation des droits humains.

Il s'agit au fait d'une tentative de l'impérialisme de détruire les FARC et l' ELN et d'utiliser la Colombie, comme Israël est utilisée au Moyen Orient. L'objectif final est d'en finir avec le processus révolutionnaire au Venezuela et les autres processus similaires dans la région. C'est pourquoi la Colombie vient en troisième dans la liste de bénéficiaires de l'aide militaire étatsunienne, tout juste après Israël et Egypte. Le Pentagone entraîne et arme soldats et forces spéciales colombiennes en action dans cinq nouvelles bases militaires avec presque 1000 soldats étasuniens et nombre de mercénaires ou "contractuels". La Colombie est utilisée aussi pour faciliter le contrôle de la biodiversité dans les zones amazoniennes et centro-américaine ainsi que de leur ressources naturelles.

La Colombie est un narco-État déguisé en démocratie. Plus de 40 sénateurs et députés uribistes, y compris le cousin du président de la République, sont inculpés pour des crimes et association avec des narcotrafiquants. Selon un rapport de 1991 de l'Agence d'ntelligence de défense étasunienne, l'actuel président Álvaro Uribe, alors sénateur, était un ami personnel de Pablo Escobar et d'autres narco-assassins. Uribe a promu "la collaboration du Cartel de Cartel Medellín avec de hauts paliers de gouvernement." (5) Il y a plus de syndicalistes et défenseurs de droits humains assassinés en Colombie que dans n'importe quel pays au monde.

Les États-Unis et leurs grandes corporations et banques transnationales craignent la libération d'Ingrid Betancourt: elle pourrait être candidate à la présidence de la République, sans doute en alliance avec le Pôle Démocratique, la grande coalition de groupes de gauche et du centre qui a gagné les élections à la mairie de Bogotá et qui promet des négociations de paix et un nouveau modèle économique de justice sociale plutôt que l'enrichissement des millionnaires. Le leader du Pôle Démocratique, Carlos Gaviria, en avril 2008, a appelé à une Assemblée Constituante et a traité Uribe de président "illégitime" élu par la fraude.

De son côté, après le bombardement, le président Correa a dénoncé le contrôle étasunien sur de hauts officiers des forces de sécurité et de l'Intelligence de l'Équateur. Il a écarté des leaders des forces armées, de la Police et son propre ministre de la défense. Pour sa part, le président Evo Morales a éliminé les bureaux que la CIA tenait à l'intérieur même du Palais Présidentiel de la Bolivie.

En 2008, le Congrès étatsunien a ajourné l'application du TLC avec la Colombie. Ce fut une grave défaite pour Bush et son "meilleur ami en Amérique latine", Uribe. Washington a dû accepter la création d'un Conseil de sécurité de l'Amérique du Sud, parrainé par le Brésil et le Venezuela et intégré par une dizaine de pays de la région, mais sans la présence des États-Unis.
Dans la dernière semaine d'avril, le Pentagone a annoncé que pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale, la Quatrième Flote de la Marine serait activée. Déjà modernisée avec la plus récente technologie et des armes nucléaires, elle patrouillera les côtes de l'Amérique latine et des Caraibes. En ce même moment, des bateaux de guerre étatsuniens faisaient des manoeuvres avec d'autres marines des Amériques dans la baie de Rio de Janeiro, Brésil. Le nouveau nommé au poste de chef des Forces Armées étatsuniennes, c'est le commandant responsable de la dernière phase de la guerre en Iraq, la phase la plus sanguinaire, connue comme "surge" en anglais. Cette désignation est un autre signe du pouvoir des faucons de Washington dans leur processus de "coup d'État par étapes."

Pour défendre son "arrière-cour", l'Empire favorise une intensification de l'emploi de militaires et de policiers pour réprimer, et si nécessaire pour entrer dans les gouvernements, avec ou sans coups d'État. Dans certaines parties du Pérou, par exemple, le très impopulaire président Alan García a donné carte blanche à la Police pour tuer en toute impunité. De plus, les autres guerres sales ont été intensifiées, surtout en Colombie, où il y a plus de 4 millions de personnes déplacées, dans le Chiapas, dans le Sud du Mexique, dans certaines régions du Venezuela et dans d'autres pays. Les guerres non déclarées contre les peuples autochtones ont toujours lieu.

En 2007, peu après que Bush ait menacé le monde d'une Troisième Guerre Mondiale avec l'affaire de l'énergie nucléaire en Iran, le Secrétaire à la défense, Robert Gates, a rendu visite au Salvador, à la Colombie, au Chili, au Pérou et au Surinam. Le but de ces visites était de consolider des liens et des plans de modernisation et professionnalisation des Forces Armées et créer des programmes d'entraînement pour des guerres irrégulières contre les rébellions populaires. Il s'agit de quelque chose d'assez semblable à ce que les États-Unis essayent de faire à présent en Iraq, à la lumière de leurs récentes défaites. (6)

L'alliance pour la prospérité et la sécurité de l'Amérique du Nord (ASPAN) est une arme de plus utilisée par les gouvernements des États-Unis, du Canada et du Mexique. Étendue vers le sud grâce à l'Initiative Mérida et au Plan Puebla-Panama : ASPAN est l'union des trois nations pour parvenir à une sécurité énergétique et utiliser leurs forces non seulement contre des menaces extérieures, mais aussi contre les menaces intérieures. C’est une ne nouvelle étape de militarisation et coordination internationale de la prétendue lutte contre des terroristes et narcotrafiquants, qui, en réalité, vise la dissidence politique, les immigrés, les peuples autochtones ou n'importe quel obstacle à l'avancée du grand capital et de ses projets.

Il en va de même dans le cas de l'Initiative pour l'intégration de l'infrastructure régionale sud-américaine (IIRSA), née à Brasilia en tant que projet de la Banque interaméricaine de développement (BIDF). La IIRSA suit le modèle de libéralisation des marchés, mettant l'accent sur l'exportation des ressources naturelles et des produits primaires. L'IIRSA compte sur l'adhésion des gouvernements du Venezuela, de l'Équateur, de la Bolivie, du Pérou, du Brésil et d'autres pays sud-américains. Du point de vue des transnationales, l'IIRSA est un type de plan Puebla Panama déjà étendu au Sud. Du point de vue des peuples originaires, qui n'ont pas été consultés, c'est une violation de leurs territoires et de leurs cultures.

En même temps, Washington met en place une politique fort sophistiquée de division de la gauche, passant par l'infiltration dans les partis politiques, comme au Venezuela, où des agents doubles sont inscrits dans le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV). Le Venezuela, troisième nation du monde en réserves de pétrole, est la principale cible de l'incursion militaire colombienne-étatsunienne en Équateur.

L'"Opération Tenaille," révélée en novembre 2007, peu avant le référendum du 2 décembre dans une lettre au chef de la CIA écrite par un haut officier de l'Ambassade étatsunienne à Caracas, est toujours en place. À travers ce complot, Washington a offert des millions de dollars à l'opposition putschiste, y compris des leaders des manifestations estudiantines et des soldads potentiellement dissidents ou putschistes, comme le général Raúl Isaías Baduel. La lettre à la CIA parle d'un plan d'utiliser des paramiliatires et des bases militaires avec des troupes yankees en Colombie et Curaçao pour préparer le terrain à une rébellion militaire. La lettre fait référence à la promotion d'un manque artificiel dans le marché d'aliments, de matériaux de construction de maisons, des pièces de rechange. Tout cela dans le but de provoquer la rétention de produits, la faim, la violence. La lettre fait aussi mention à l'importance d'assassiner quelques personnes pour promouvoir la non-gouvernabilité. Elle décrit l'utilisation réussie de la hiérarchie de l'Église Catholique et des médias au Venezuela et partout au monde pour dépeindre Chávez comme un "dictateur" ou un "fasciste".

En avril, Chávez a nationalisé avec compensation les industries du ciment et de la sidérurgie. Il a créé la Mission 13 avril pour aider économiquement les plus pauvres et à renforcer les Conseils Communaux, c'est-à-dire, la démocratie participative dès les plus bas échelons, un élément fondamental pour développer le "socialisme du XXIème siècle."

Le gouvernement étatsunien a augmenté les sommes d'argent que son Agence pour le développement International (USAID, en anglais) envoie au Venezuela, à la Bolivie et à d'autres pays. Plusieurs ONGSs locales, comme "Liderazgo y Visión", au Venezuela, reçoivent de l'argent à condition de former des leaders et activistes de l'opposition contre-révolutionnaire, spécialement chez les plus appauvris. Quelques maigres dollars peuvent acheter l'appui de certains affamés. En 2006, l'USAID a donné près de 4,5 millions de dollars aux gouvernements des départements de la Bolivie. Dans le cas vénézuélien, le budget de l'USAID est de quelques 3 millions et 600 mille dollars, qui servent aux campagnes anti-chavistes dans des lieux comme Petare, un quartier pauvre de la zone métropolitaine de Caracas peuplé par 1 million de personnes. La promotion du paramilitarisme est une autre tactique employée. Cela comprend l'assassinat ou simplement la violence physique contre des gens dans les rues pour donner l'impression d'une vague de criminalité échappant au contrôle gouvernemental. C'est la tentative impérialiste de rendre le pays ingouvernable, détruisant les conquêtes chavistes en faveur des plus démunis.
Une tactique mieux connue est la menace de séparation: la partie la plus pauvre en mains de la gauche et la partie la plus riche aux mains de l'oligarchie. En Équateur, la région de Guayaquil pense se séparer des Andes. Au Venezuela, Zulia, avec d'immenses champs de pétrole, songe à faire de même. En Bolivie, c'est le cas de la partie orientale, avec Santa Cruz et les autres départements qui forment ce que l'on appelle la "Demi-lune."

En Équateur et en Bolivie, les assemblées constituantes ont établi que l'État est plurinational et interculturel. La Bolivie est le premier État au monde qui a adopté la Déclaration des Droits des peuples indigènes prononcée par l'ONU, alors que l'Équateur est le premier pays dans l'histoire de l'humanité à incorporer dans la Constitution la reconnaissance des droits de la Nature.
En Bolivie, le plan de l'impérialisme de déstabilisation du gouvernement d'Evo Morales semble être plus avancé qu'ailleurs. L'ambassadeur Philip Goldberg est arrivé en Bolivie avec toute son expérience diplomatique en Yougoslavie et Kosovo pour le démembrement des pays. Goldberg a des rencontres publiques dans le département de Santa Cruz avec les leaders racistes et d'extrême-droite d'un mouvement séparatiste et illégal, dont font partie même des narcotrafiquants colombiens amis d'Uribe. Un membre de l'ambassade étasunienne appelé "Cooper" a été déclaré persona non grata par le président Evo Morales pour avoir demandé à des membres du Corps de la Paix et à un boursier de Fullbright de jouer aux espions en Bolivie. Le gouvernement des EE.UU n'ont pas nié, qu'un conseiller de l'ambassade qui a été arrêté à l'aéroport de La Paz avec des balles de calibre 44 en quantité, les apportait à un officier de l'ambassade. Il n'a pas non plus nié que l'Ambassade finance des groupes irréguliers d'intelligence comme l'Organisation des études policières (ODEP), auparavant connue comme le Commandement des opérations spéciales (COS).

Evo a accepté la proposition de médiation offerte par le Brésil et par d'autres gouvernements d'Amérique latine et l'Église Catholique dans le conflit avec l'opposition de Santa Cruz, car il a toujours dit qu'il était ouvert au dialogue. Néanmoins, l'opposition n'est pas ouverte à un dialogue s'il s'agit d'accepter la présence d'"un indien" à la présidence. Et Evo Morales le sait très bien.

En Bolivie et en Équateur, les militaires sont moins loyaux que ceux du Venezuela, mais il est très difficile de réussir un coup d'État militaire actuellement dans Nuestra América, car les gens ont perdu la peur et se rendent compte que c'est une question de vie ou de mort. De plus, les peuples préparent leur défense. Il y a des alliances informelles de soutien mutuel entre Venezuela et Cuba et d'autres nations en cas d'incursions militaires ou de coups parrainés par la droite ou l'impérialisme.

Mais la clé de la lutte en Équateur et Bolivie, ainsi qu'au Pérou, au Guatemala et ailleurs dans ce que le brillant marxiste péruvien José Carlos Mariátegui a appelé l'"Indo-América," c'est la lutte des peuples autochtones. IL faut donc continuer à étudier les problèmes des indigènes, y compris leurs divisions et toutes leurs demandes, qui sont en général très progressistes en ce qui a trait à l'internationalisme et à une nouvelle économie pour le peuple, qu'on l'appelle socialisme ou autrement. Il y a bien des mots indigènes qui décrivent une économie de solidarité internationale, communale, collective, ce que d'autres personnes à gauche appellent "le vrai socialisme".
Dans les plans impérialistes pour l'Amérique latine, Venezuela et Cuba sont les cibles les plus évidentes, mais d'autres nations ayant aussi des ressources naturelles importantes, y compris de la main-d'oeuvre bon marché, comme la Bolivie, l'Équateur, le Pérou et le Mexique ne sont pas exclues. Il faut rappeler que les EE UU ont, a maintes fois, envoyé des troupes au Mexique. Il y a plus de 6000 troupes yankees en ce moment même à la frontière. Les médias étatsuniens se taisent ou disent des calomnies sur l'actuel soulèvement populaire au Mexique contre la tentative du président illégitime Felipe Calderón de privatiser l'industrie pétrolière que Lázaro Cárdenas avait nationalisée en 1938. Le gouvernement étatsunien pointe ses armes contre la croissante opposition mexicaine.

Les présidents étatsuniens des deux partis n'ont jamais pu tolérer la moindre tentative de créer une alternative au système capitaliste. Avec la confirmation d'un grand gisement pétrolier en territoire cubain, les grandes compagnies industrielles veulent plus que jamais renverser la Révolution cubaine. Et elles vont insister pour que le Brésil, qui a aussi découvert de nouveaux gisements de pétrole, poursuive la ligne du néolibéralisme et n'accepte point les revendications des mouvements sociaux d'importance internationalement reconnue, comme le MST.

Conclusion et Propositions.

Sans nul doute, Hugo Chávez a raison: "le socialisme ou la mort", c'est-à-dire, 'La Vie ou la Mort', "car le capitalisme est en train de nous achever. Comme l'a dit Rosa Luxembourg: c'est "le socialisme ou la barbarie."

Aujourd'hui comme jadis, les mouvements sociaux auront le dernier mot. Pendant longtemps, les rébellions populaires et les mouvements sociaux ont déterminé les avancées sociales au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et ailleurs. Les peuples originaires sont en lutte partout au monde, y compris au Chili. Il y a biens des groupes en action au sein des mouvements sociaux, mais les plus visibles à présent sont les femmes, les jeunes et les peuples autochtones.

Il y a une internationalisation de ces mouvements, non seulement dans les Forums sociaux mondiaux, déjà dans une phase de relatif déclin, mais aussi dans bien des Sommets sociaux des peuples, y compris le récent Sommet interrégional de l'Amazonie. Sans tomber dans l'erreur romantique par rapport aux peuples originaires, il est fondamental de les écouter et de reconnaître le bien-fondé de leurs demandes, idées et visions cosmiques pour réussir ce que José Martí, tout comme eux, a appelé" l'équilibre du monde."

Martí a dit aussi que sans la participation des Indigènes, la libération de Nuestra América ne serait pas possible. En effet, avant Martí, biens des communautés indigènes croyaient déjà à l'énoncé de Marti: "la patrie c'est l'humanité." Historiquement, ni Marx ni Engels ni Martí ni Bolívar n'ont été les premiers internationalistes. Ce rôle fut joué par les peuples originaires.

Aujourd'hui, le gouvernement des États-Unis est l'incarnation de la Mort, alors que les mouvements sociaux sont l'incarnation de la Vie. Nous pourrions paraphraser le Libérateur: "Les États-Unis semblent destinés par la Providence, à toumenter le monde avec la misère au nom de la liberté. "

En ce qui concerne les propositions actuelles, il convient de lire la déclaration politique de la rencontre Abya Yala, à Caracas, Venezuela, en janvier 2008. La première phrase parle de "Nuestra Abya Yala, Nuestra América sans frontières." La déclaration continue avec une analyse assez "marxiste". Les revendications de ce document tiennent compte de celles avancées dans d'autres rencontres internationales dans Nuestra América, comme par exemple, la Rencontre des intellectuels et artistes pour la paix et la souveraineté de l'Amérique latine et des Caraibes, réunis à Caracas le 12 et le 13 avril 2008, dont la lecture est aussi importante. La déclaration politique de la Rencontre Abya Yala non seulement condamne le narcotrafic mais aussi les "marchés des corps" et la "la prostituion forcée des enfants et des adultes," une autre source de capital peut-être plus importante encore que celle des drogues, car un corps peut être réutilisé nombre de fois. Sans mentionner la Commune de Paris, la déclaration se termine en disant: "Nous sommes les communards, nous n'avons rien et nous faisons tout, nous sommes capables de créer une fois et mille fois si nécessaire le monde qui vit dans nos rêves. Le cri est toujours le même: Hasta la Victoria Siempre, Venceremos!"

NOTES:

(1) Nildo Domingos Ouriques, "La modernización capitalista en Brasil de FHC a Luis Inacio Lula da Silva," IELA, 19 de marzo de 2008, http://www.iela.ufsc.br/?page=latino_americano_artigo&id=292

(2) L'incapacité d'acheter de la nourriture est présente non seulement en Haïti, mais aussi dans des pays qui ne sont aussi pauvres, y compris l'Égypte ou l'Italie. Le Programme mondial de l'alimentation de l'ONU estime que 100 millions de personnes souffrent de la faim à cause des prix elevés des denrées de base. Selon le président de la Banque Mondiale, monsieur Robert Zoellick, un ex-fonctionnaire de Washington, principal représentant étatsunien dans les négociations pour la signature des TLCs, attribue une partie du problème à l'usage croissant des terres agricoles à des fin de production de biocombustibles en détriment de la production d'aliments. Mais la vraie cause tient au néolibéralisme et ses institutions internationales comme la Banque Mondiale et le FMI, qui favorisent les agroindustries des États-Unis et de l'Europe et éliminent la capacité paysanne de faire de la compétition. Une fois de plus, nous voyons sévir la monopolisation du capital et l'Impérialisme. Des spécialistes de l'ONU ont averti qu'il est urgent de changer les politiques des principales nations en matière de production agraire et des prix d'aliments pour éviter une explosion sociale. Il faut éviter des interventions militaires et des tueries, comme celles que nous voyons en Haïti. Nous devons soutenir les demandes de nombre de coalitions et activistes à travers le monde pour que la Mission de stabilisation des Nations Unies sorte d'Haïti.

(3) Selon un sondage de New York Times/CBS fait dans les premiers jours d'avril, 81% de la population croit que la nation va dans la mauvaise direction.

(4) Les 5 corporations sont Time Warner, Disney, News Corporation (de Rupert Murdoch), Bertelsmann (de Alemania), et Viacom (ex-CBS).

(5) The National Security Archive, August 2, 2004, http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB131/index.htm .

(6) En réalité, pendant la première administration bushienne, Washington avait déjà lancé une nouvelle guerre sanglante contre les peuples avec une série d'interventions relativament clandestines sous le commandement du SOCOM (Commandement secret des opérations spéciales), célèbre pour avoir dirigé la déstabilisation et l'invasion de l'Iraq. Soulignons aussi la militarisation de la frontière entre le Venezuela et la Colombie, avec les assassinats des syndicalistes et des citoyens vénézuéliens par des paramilitaires colombiens; l'enlèvement du représentant des relations extérieures des FARC, Rodrigo Granda, à Caracas, à la façon de l'Opération Cóndor, et une tentative de coup d'État toujours par des forces colombiennes déguisées en armée vénézuélienne. Étant directement lié au Pentagone, le SOCOM est le plus haut niveau des opérations militaires impérialistes, au-dessus du Commandement sud et du Commandement nord (qui unifie les forces Armées du Mexique, du Canada et des États-Unis sous le commandement des officiers étatsuniens). Le SOCOM et ses Forces spéciales ne sont soumis à aucun contrôle juridique et sont financés pour faire ce que bon leur semble où que ce soit au monde sous prétexte d'une guerre "contre le terrorisme". Voir l'article de Seymour Hersh dans New Yorker, 24 et 31 janvier 2005, et celui de Thierry Meyssan, "Ojo del Pentágono," Entorno, du 17 février 2005.

* Publié entre autres par Rebelión (http://www.rebelion.org/ ), le 17 mai 2008, Agenda Radical (germain5@chasque.net), Aporrea (http://www.aporrea.org/poderpopular/a57125.html), La Haine (http://www.lahaine.org/index.php?p=30258), le 18 de mai 2008 par Agencia Latinoamericana de Información (http://www.alainet.org/active/24113), mai 2008 par Mate Amargo & CubaDebate, et mai-juin 2008, par El Siglo en Huelga (Chile).

[Conférence dictée le 25 avril 2008 dans l'acte de clôture des Journées Bolivariennes" de l'Institut d'études latinoaméricanes de l'Université Fédérale de Santa Catarina à Florianópolis, Santa Catarina, Brésil, 22-25 avril 2008.]

Traducteur : Emerson da Silva